L’éclusier du canal n’a jamais élevé la voix de sa vie. Il explique que son métier lui a tout appris : on fait monter les gens en prenant son temps, une porte après l’autre, et jamais en les poussant.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Chaque blague de ce site a été écrite pour ce site. Voilà ce que ça change.
7 blagues choisies, qui ne sont sur aucune autre page
L’éclusier du canal n’a jamais élevé la voix de sa vie. Il explique que son métier lui a tout appris : on fait monter les gens en prenant son temps, une porte après l’autre, et jamais en les poussant.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Pourquoi le forgeron ne prend-il jamais parti dans les discussions du village ?
— Parce qu’il sait qu’à force de taper toujours au même endroit, on finit par déformer n’importe quoi.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Notre voisin a fondé un club de cerf-volant sur le plateau. Il jure que c’est le seul endroit où l’on prend de la hauteur sans jamais se donner de grands airs.
Écrite pour ce site · Forme : calembour
Qu’est-ce qui met tout le monde d’accord pour tourner dans le même sens, ne mène nulle part tout seul, et se fait pardonner en fleurissant par le milieu ?
Le rond-point.
Écrite pour ce site · Forme : devinette
L’antiquaire de la place a écrit « nouveauté » sur son ardoise. Les curieux se sont bousculés à la porte ; il leur a montré une commode arrivée la veille, et qui a deux cents ans.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Pourquoi le moniteur de tir à l’arc parle-t-il si peu à ses élèves ?
— Parce qu’il a remarqué que tout ce qu’on lâche trop vite arrive rarement au centre.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Un nid-de-poule s’est installé devant l’école il y a trois ans. Personne ne l’a rebouché, tout le monde le contourne, et il a obtenu à lui seul ce qu’aucune pétition n’avait jamais obtenu : on roule au pas dans la rue.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Il existe des sites de blagues qui en affichent dix mille. Celui-ci en affiche beaucoup moins, et c’est le seul chiffre dont nous puissions vraiment répondre : chaque texte de ce site a été écrit pour ce site. Aucun n’a été repris d’un recueil, d’un autre site, d’un spectacle ou d’une émission de radio. C’est la seule chose qui distingue cette page d’une copie de la précédente, et c’est aussi ce qui la rend plus courte.
La raison n’est pas une coquetterie d’auteur. Une blague contemporaine est une œuvre protégée, au même titre qu’une chanson ou qu’un poème : quelqu’un l’a écrite, et le fait qu’elle circule ne la rend pas libre. Les grands recueils de blagues en ligne sont, pour l’essentiel, des copies de copies dont plus personne ne sait d’où elles viennent. Nous avons préféré l’autre chemin, qui coûte du temps et rapporte moins de pages : écrire.
Le site est organisé en deux rubriques. Les blagues, d’abord : les courtes, celles qu’on place en deux lignes, les blagues de Toto, les jeux de mots, l’humour noir, les histoires drôles qu’on raconte à table. Les devinettes ensuite, avec les charades et les énigmes : tout ce qui se pose comme une question et attend qu’on cherche. La réponse est toujours écrite sur la page, sous la devinette, sans rien à charger ni à cliquer pour la voir.
Ce choix technique a l’air d’un détail et n’en est pas un. Une réponse cachée derrière un script disparaît quand le script ne se charge pas, quand la page est imprimée, ou quand elle est lue à voix haute par un logiciel. Ici la réponse est dans le document, repliée par un mécanisme du navigateur lui-même. Elle se déplie d’un geste et elle est là même si on ne fait rien.
Certaines rubriques très recherchées n’existent pas ici, et il vaut mieux le dire que laisser croire à un oubli. Nous ne publions pas de blague dont le ressort est l’origine de quelqu’un, sa nationalité, sa religion, son sexe, son apparence, son handicap ou son âge. Cela met dehors des genres entiers, dont plusieurs figurent parmi les plus demandés en français. Nous ne publions pas non plus les blagues signées d’un humoriste, celles d’une émission ou celles d’une marque : ce sont les textes de quelqu’un d’autre.
Ce que nous gardons, en revanche, c’est l’humour noir. Le mot prête à confusion : en français, une blague noire parle de la mort, de la malchance, du pire moment, jamais d’une catégorie de personnes. La distinction que nous appliquons partout est celle du sujet : un personnage de blague peut être belge, blond ou vieux ; ce qui est exclu, c’est que la chute repose là-dessus. C’est une ligne étroite, elle est écrite noir sur blanc, et la page concernée l’explique avant la première blague.
Rien de tout cela ne tiendrait sur la seule bonne volonté. Le programme qui fabrique ce site relit chaque texte avant de le publier : il vérifie que le texte est enregistré, que son origine est déclarée, que ce qui est affiché est bien ce qui a été enregistré, et que rien de ce qui est interdit n’a été écrit ni dans les blagues ni dans les pages autour. Si l’une de ces vérifications échoue, le site n’est pas fabriqué du tout. Le détail se trouve sous Sources et Méthode, avec ce que cette vérification ne peut pas voir — et elle ne peut pas voir grand-chose de ce qui compte vraiment, à commencer par le fait qu’une blague soit drôle.
Enfin, une remarque sur ce que ce site ne fait pas. Il n’y a pas de compte, pas de vote, pas de commentaire, pas de classement des meilleures blagues. Nous ne saurions pas comment établir ce classement honnêtement, puisque personne n’a été interrogé. Ce qu’il y a, ce sont des textes, rangés par catégorie, avec la réponse dessous quand il en faut une.
308 textes au total, sur 25 pages. Voici les pages, dans l’ordre où elles ont été écrites.