Le maître : « Toto, cite-moi un exemple de matière isolante. » Toto : « Mon bonnet, monsieur. Quand je le mets, je n’entends plus rien de ce que vous dites. »
Écrite pour ce site · Forme : toto
Le maître demande, Toto répond trop bien. Toutes écrites ici.
16 blagues sur cette page
Le maître : « Toto, cite-moi un exemple de matière isolante. » Toto : « Mon bonnet, monsieur. Quand je le mets, je n’entends plus rien de ce que vous dites. »
Écrite pour ce site · Forme : toto
La maîtresse : « Toto, qu’est-ce que le silence ? » Toto : « C’est ce que vous réclamez toute la journée, madame, et qui s’arrête dès qu’on vous répond. »
Écrite pour ce site · Forme : toto
Le maître : « Toto, qu’est-ce qu’un moteur de recherche ? » Toto : « C’est ce qu’il faudrait à mon père le samedi matin, quand il a perdu ses lunettes. »
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La maîtresse : « Toto, sais-tu ce qu’est une année bissextile ? » Toto : « Oui, madame : c’est celle où l’on va à l’école un jour de plus pour le même prix. »
Écrite pour ce site · Forme : toto
Le maître : « Toto, que nous annonce le baromètre ? » Toto : « Rien du tout, monsieur, il ne parle pas. C’est la voisine qui annonce la pluie. »
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La maîtresse : « Toto, pourquoi arrives-tu encore en retard ? » Toto : « Le bus s’arrête à tous les arrêts, madame. Moi, je n’en demandais qu’un. »
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Le maître : « Toto, à quoi sert une boussole ? » Toto : « À savoir qu’on est perdu vers le nord, monsieur, plutôt que perdu n’importe où. »
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La maîtresse : « Toto, qu’as-tu appris de nouveau aujourd’hui ? » Toto : « Que vous alliez me poser la question à la fin, madame. Demain, j’aurai la réponse prête. »
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La maîtresse : « Toto, ta rédaction sur les vacances tient en trois mots. » Toto : « Il a plu, madame. Le reste, il aurait fallu que je l’invente, et ça non plus vous ne l’aimez pas. »
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Le maître : « Toto, que récolte-t-on au potager au mois de juin ? » Toto : « Des limaces, monsieur. On en récolte énormément, mais personne n’en veut. »
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La maîtresse : « Toto, pourquoi la mer est-elle salée ? » Toto : « Pour qu’on s’en aperçoive quand on boit la tasse, madame. Sinon, on continuerait. »
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Le maître : « Toto, pourquoi ta gomme est-elle plus usée que ton crayon ? » Toto : « Parce que je me relis, monsieur. C’est vous qui me l’avez appris. »
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La maîtresse : « Toto, à quoi te sert ta règle pendant la dictée ? » Toto : « À souligner les mots dont je suis certain, madame. Regardez comme elle est neuve. »
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Le maître : « Toto, ta mère est bien vétérinaire ? » Toto : « Oui, monsieur. » « Et elle a beaucoup de clients ? » « Aucun, monsieur : elle n’a que des patients, et ils viennent tous accompagnés de quelqu’un qui parle à leur place. »
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Le maître : « Toto, j’ai douze bonbons et j’en donne cinq à ton voisin. Combien m’en reste-t-il ? » Toto : « Sept, monsieur, et un voisin qui revient. »
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La maîtresse : « Toto, pourquoi as-tu tourné ta chaise vers la fenêtre ? » Toto : « Pour que quelque chose change, madame. Le tableau, lui, raconte la même chose depuis septembre. »
Écrite pour ce site · Forme : toto
Les blagues de Toto tiennent en deux voix et en trois lignes. Un adulte — le maître, la maîtresse, parfois un parent — pose une question ; Toto répond. Rien d’autre : pas de décor, pas de récit qui s’installe, pas de morale à la fin. Toute la forme tient dans cet échange minuscule, et c’est justement ce qui la rend si facile à retenir et si difficile à réussir. Il n’y a nulle part où se cacher : si la réponse ne fait pas basculer la question, il ne reste rien du tout sur la page.
La mécanique est plus précise qu’elle n’en a l’air. L’adulte pose une question qui attend une réponse convenue : celle de la leçon, celle du bon sens, celle que tout le monde a en tête avant même que la phrase soit finie. Toto, lui, prend les mots à la lettre, ou bien il déplace le cadre et répond à une autre question — la sienne. Le rire naît de l’écart entre les deux réponses possibles, et de la certitude tranquille avec laquelle Toto choisit la mauvaise. Il n’est ni insolent ni sot : il est exact, et c’est l’adulte qui, sans le savoir, avait mal posé sa question.
Cet écart demande que la question soit bien fermée. Si l’énoncé de l’adulte laisse trop de portes ouvertes, la réponse de Toto n’en enfonce aucune : elle devient une réponse parmi d’autres, et le mécanisme tourne à vide. Nous soignons donc d’abord la question, pas la chute. Une bonne question de maître, dans cette forme, est celle dont le lecteur connaît déjà la réponse attendue — la conjugaison, les états de l’eau, le petit de la vache — parce qu’il faut qu’il l’ait en tête pour sentir le décrochage quand Toto passe à côté.
La forme que nous employons ici se décrit en une phrase : un élève appelé Toto, un adulte qui interroge, une salle de classe. Nous ne disons rien de l’origine de ce personnage ni du statut de tel ou tel texte ancien — nous n’avons pas de quoi l’établir, et ce n’est pas le rôle de cette page. Ce que nous pouvons dire tient seulement à ce que nous faisons : les répliques ci-dessous ont été écrites pour ce site. Aucune n’a été reprise d’un recueil, d’un site, d’un livre ou d’un spectacle. Et quand l’une de nos propositions nous donnait la sensation d’avoir déjà été lue quelque part, nous ne l’avons pas gardée, même sans réussir à dire où nous l’aurions lue : le doute suffit à écarter.
Cela a une conséquence visible : nous en avons moins que les pages qui ramassent tout ce qui traîne. Chaque réplique nous coûte du temps, et nous en écartons beaucoup en chemin — celles qui nous semblent déjà lues, celles dont la chute ressemble trop à une autre, celles qui reposent deux fois sur le même ressort. Nous préférons une page courte que nous pouvons assumer ligne à ligne à une page longue faite de morceaux d’ailleurs. Nous en ajoutons régulièrement, par petits paquets.
Pour raconter une blague de Toto, le rythme compte autant que le texte. La question se dit d’un ton neutre, sans clin d’œil, comme une vraie question de classe ; la réponse arrive sans pause d’avertissement, et surtout on s’arrête au dernier mot. La chute est presque toujours dans les deux ou trois derniers mots, et tout ce qu’on ajoute après les recouvre. Le piège classique est d’expliquer : « tu comprends, il avait pris ça au premier degré… ». À ce moment-là, l’écart que l’auditeur devait franchir tout seul, on l’a franchi à sa place.
Elles se racontent bien là où il y a un temps mort partagé : un trajet, une table, une file d’attente, une récréation. Nous n’avons rien mesuré et nous ne promettons aucun effet ; nous pouvons seulement dire ce que notre propre pratique nous a appris, à savoir que la forme supporte mal la série. Elle est très reconnaissable : quand on en enchaîne plusieurs, l’auditeur finit par voir venir le mouvement au lieu de le recevoir. Nous préférons donc en placer une, la laisser retomber, et passer à autre chose. Le décor scolaire n’est pas non plus obligatoire au moment de la raconter : l’essentiel est qu’on entende bien qui pose la question et qui répond.
Une dernière chose sur ce que nous refusons d’écrire. Toto est naïf, jamais méchant, et sa réponse ne doit jamais viser quelqu’un pour ce qu’il est. Nous n’écrivons aucune chute qui repose sur l’origine, la religion, le sexe, l’apparence, la santé ou l’âge de qui que ce soit : ce serait à la fois interdit et paresseux, puisque la forme n’en a aucun besoin. La matière de Toto, c’est le malentendu entre une question et une réponse — et cette matière-là est inépuisable sans qu’on ait jamais à se moquer d’une personne.
Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : toto — Toto, l’élève de la tradition scolaire française : une question du maître, une réponse trop littérale. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.