Pourquoi le contrôleur du train de nuit est-il toujours de bonne humeur ?
Parce que c’est le seul métier au monde où l’on vous remercie d’avoir réveillé les gens.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Ce qui fait rire tient souvent à un mot. Voici lesquels.
14 blagues sur cette page
Pourquoi le contrôleur du train de nuit est-il toujours de bonne humeur ?
Parce que c’est le seul métier au monde où l’on vous remercie d’avoir réveillé les gens.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Le jardinier a été convoqué au tribunal. Il s’est présenté au greffe avec son sécateur et ses gants, persuadé qu’on avait enfin besoin de lui.
Écrite pour ce site · Forme : calembour
La bibliothèque du village facture un centime par jour de retard. Le même lecteur rapporte ses romans six mois trop tard et pose deux euros sur le comptoir sans un mot. La bibliothécaire a fini par comprendre : à ce tarif-là, il s’est offert le seul abonnement au semestre du département.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Le géographe a ouvert un restaurant. Il n’a jamais réussi à faire tenir sa carte sur une seule page : il y mettait tous les fleuves.
Écrite pour ce site · Forme : calembour
Pourquoi l’horloger arrive-t-il systématiquement en retard à ses rendez-vous ?
Parce qu’il refuse de sortir de chez lui tant que ses quarante pendules ne se sont pas mises d’accord.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Le professeur de trompette a adopté un canard. Depuis, chaque fois qu’il rate une note, il jure que ce n’est pas lui.
Écrite pour ce site · Forme : libre
L’imprimeur jure qu’il n’a jamais engagé personne sans examiner d’abord son caractère. C’est vrai : dans son atelier, il en garde soixante tiroirs, rangés par taille.
Écrite pour ce site · Forme : calembour
Pourquoi l’élève range-t-il son cartable dès que le maître annonce une page d’additions ?
Parce que chez lui, l’addition arrive quand tout le monde a fini de manger.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Mon voisin s’est acheté un détecteur de métaux. En trois mois de plage, il a remonté quatorze capsules, deux fourchettes et une alliance. Il a rendu l’alliance à son propriétaire : c’était la sienne, il l’avait perdue l’été d’avant.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Pourquoi l’apiculteur parle-t-il si doucement au téléphone ?
Parce qu’il a pris l’habitude de ne jamais élever la voix devant quarante mille personnes.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
Cet hiver, j’ai voulu faire des économies de chauffage. J’ai baissé le thermostat de deux degrés, et j’ai passé la saison à descendre à la cave toutes les heures pour vérifier que la chaudière tenait le coup. Je n’avais jamais eu aussi chaud.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Pourquoi le facteur connaît-il le village mieux que le maire ?
Parce que le maire, lui, on ne le laisse pas entrer dans les cuisines.
Écrite pour ce site · Forme : question-reponse
J’ai acheté un parapluie à trois euros exprès, pour ne rien regretter le jour où je l’oublierais quelque part. Je l’ai depuis quatre ans. Je l’oublie partout et on me le rapporte chaque fois : personne n’en veut, moi non plus, et nous n’arrivons plus à nous séparer.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Le capitaine lève le nez, renifle et annonce : « Ça va tomber, il arrive de la flotte. » Le mousse dévale l’échelle pour prévenir tout l’équipage qu’on va se faire aborder.
Écrite pour ce site · Forme : libre
Une blague drôle, au sens où nous l’entendons dans cette rubrique, c’est un texte court qui tient sur un seul basculement. Il y a une phrase qui installe une situation ordinaire — un jardinier, un boulanger, un poisson à un arrêt de bus — et il y a un moment précis où le sens que le lecteur avait commencé à construire se retourne. Tout le travail est là. Une blague rigolote n’est pas une histoire plus courte qu’une autre : c’est une histoire qui a été construite à l’envers, en partant de son dernier mot. Quand on lit les items de cette page, on peut presque toujours retrouver ce mot-là, et voir que tout ce qui le précède n’existe que pour le rendre possible sans le rendre prévisible.
Une première mécanique revient régulièrement dans cette page : le double sens. Le français possède des mots qui portent deux vies : la flotte qui tombe du ciel et la flotte qui navigue, la portée d’une chatte et la portée d’une partition, le greffe d’un tribunal et la greffe d’un rosier, le carreau d’une fenêtre et le carreau d’un jeu de cartes. Le calembour ne crée rien : il utilise une ambiguïté qui existait déjà et que personne ne remarquait. Le rôle du texte est donc de conduire le lecteur vers un seul des deux sens, fermement, sans forcer — puis de laisser l’autre sens revenir tout seul à la dernière ligne. Une blague marrante réussie ne dit jamais « vous avez compris, il y a un jeu de mots » ; elle fait confiance au lecteur. Et parce que ces deux vies s’écrivent de la même façon, la chute tient sur la page aussi bien qu’à voix haute, ce qu’aucun jeu de mots purement sonore ne peut promettre.
La deuxième mécanique est la rupture d’attente. Ici, aucun mot n’a deux sens : c’est la situation qui change de nature. On raconte trois éléments qui vont ensemble, et le quatrième vient d’ailleurs. Le professeur de trompette qui adopte un canard, le réparateur qui ouvre l’ordinateur et diagnostique des puces : le lecteur avait déjà rangé la scène dans une catégorie, et la chute la range ailleurs. Cette mécanique demande une chose difficile — la retenue. Plus la mise en place est sobre et courte, plus la rupture s’entend. Dès qu’on ajoute des détails décoratifs, le lecteur cherche partout à la fois et n’est plus surpris nulle part. C’est pour cette raison que la plupart de nos textes tiennent en deux ou trois phrases.
La troisième mécanique est la réponse littérale. Quelqu’un pose une question qui, dans l’usage, veut dire une chose ; l’autre répond à ce que la question dit vraiment. Le comique ne vient pas d’une bêtise, mais d’une logique appliquée trop bien. Elle nous rend un service pratique : ne reposant sur aucune prononciation particulière, elle se lit exactement comme elle s’entend, alors qu’un jeu de mots fondé sur l’oreille seule perd la moitié de son effet dès qu’on l’imprime. C’est aussi la plus facile à écrire mal, car il suffit d’un mot de trop dans la question pour que le lecteur voie arriver la réponse. Nous relisons donc chaque question en cherchant le mot en trop, et nous le retirons.
Pour raconter ces blagues, deux réglages comptent plus que le texte lui-même. Le premier est le rythme : il faut marquer un silence avant la dernière ligne, jamais après. Le second est le ton : la chute se dit exactement sur la même intonation que le reste, sans appuyer, sans sourire d’avance. Ce qui fait rater une blague drôle, presque toujours, c’est de l’annoncer — « j’en connais une excellente » — ou de l’expliquer juste après. Une explication tue rétroactivement le plaisir de comprendre, qui est la moitié du rire. Si personne ne réagit, la meilleure conduite est d’enchaîner sur autre chose : une blague qui tombe à plat et qu’on laisse tomber ne coûte rien, une blague qu’on défend devient pénible.
Ces textes conviennent bien aux moments courts et partagés : un trajet, une table, une file d’attente, une classe qui attend la sonnerie. Les items de cette page sont écrits pour être tout public, ce qui n’est pas une contrainte esthétique mais un choix assumé : rien ici ne repose sur l’origine, la religion, l’apparence, le sexe ou l’état de santé de qui que ce soit. Une chute qui a besoin de désigner un groupe de personnes n’est pas une chute, c’est un raccourci. Nos personnages sont donc des métiers, des animaux, des objets et des situations — un couvreur, un poissonnier, un ordinateur, un orage — et la surprise vient toujours de la langue ou de la logique, jamais de la cible.
Si cette page vous plaît, le reste du site en décline les autres formes, chacune avec sa propre mécanique. Les devinettes demandent une réponse à chercher, et se lisent lentement : on relit l’énoncé mot à mot, car le mot décisif y est presque toujours déjà présent. Les charades découpent un mot en syllabes et se résolvent par la voix plutôt que par les yeux. Les énigmes logiques se démontrent au lieu de se deviner. Les combles jouent sur le vocabulaire d’un métier, les Monsieur et Madame sur un prénom collé à un nom, les blagues de Toto sur la réponse littérale poussée jusqu’au bout, et les toc-toc sur un prénom qui se déforme en trois répliques. Cela fait sept familles de plaisir différentes ; personne n’est obligé de les aimer toutes les sept, et la plupart des lecteurs en préfèrent deux ou trois.
Un dernier point, qui nous tient à cœur. Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site. Nous ne recopions pas de recueils, pas d’autres pages, pas de spectacles : les formes traditionnelles appartiennent à tout le monde, les textes appartiennent à ceux qui les écrivent. Cela a une conséquence visible, et nous préférons la dire franchement — nous en avons moins que les sites qui empilent des milliers de blagues collectées un peu partout. Nous ne promettons pas pour autant qu’aucun de nos textes ne ressemblera jamais à quelque chose que vous avez déjà lu : deux personnes peuvent très bien trouver le même jeu de mots sans s’être jamais croisées. Ce que nous pouvons décrire, c’est notre méthode — nous écrivons, nous relisons, et nous écartons sans hésiter un texte dès que nous avons l’impression de l’avoir déjà lu quelque part. Si l’un d’eux vous semble venir d’ailleurs, signalez-le-nous : il quittera la page.
Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : libre — Aucune forme particulière — une blague qui tient debout toute seule. calembour — Un jeu de mots : la chute repose sur un mot qui en cache un autre. question-reponse — Une question posée au lecteur, une chute qui arrive à la ligne suivante. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.