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Blaguier

Rébus

Une suite de dessins, un mot à entendre.

12 devinettes sur cette page

🪙 sou · 🏆 coupe — un objet de la table du petit-déjeuner.

Réponse

Une soucoupe (sou + coupe) — dites les deux noms l’un derrière l’autre sans marquer d’arrêt, « sou-coupe », et le mot est là. C’est le rébus le plus facile de la page, pour une raison qui ne se reproduira presque jamais : l’orthographe suit le son d’un bout à l’autre, sou s’écrit sou et coupe s’écrit coupe. Profitez-en, c’est l’exception. Attention tout de même au premier dessin, qui est un faux ami : la pièce de monnaie donne les bonnes lettres pour la mauvaise raison, car le morceau qui commence le mot n’est pas le sou mais la préposition sous, écrite ici sans son s. Le contrôle : recomposez la réponse à l’écrit à partir des deux étiquettes. Vous tombez sur le mot du dictionnaire, ce qui n’arrivera plus une seule fois avant la fin de cette page.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🎵 la · 🥖 pain — un animal, et il vit dans un terrier.

Réponse

Un lapin (la + pain) — la note la, puis le pain, et la suite se referme d’elle-même. C’est ici que les lettres commencent à mentir, et l’écart vaut d’être regardé de près : pain s’écrit avec ain, lapin s’écrit avec in, et les deux se prononcent exactement pareil. Le français dispose de quatre graphies pour ce seul son, in, ain, ein et un, et un rébus se moque parfaitement de savoir laquelle vous avez sous les yeux. Le contrôle : dites la suite à voix haute sans regarder les mots écrits. Si vous entendez l’animal, le rébus est juste, même si aucune des deux étiquettes ne ressemble à la réponse une fois recopiée.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🚌 car · 🧺 hotte — quelque chose qui se mange, et qu’on tire de terre.

Réponse

Une carotte (car + hotte) — le car, puis la hotte, ce grand panier qu’on porte sur le dos. Prononcés d’une traite, « car-hotte » donne le légume. Le h est le seul obstacle du rébus, et il n’en est pas un : en français il ne s’entend pas, et la lecture l’avale sans que personne le remarque. Le contrôle : comptez les syllabes plutôt que les lettres. Deux dessins, deux syllabes dites, deux syllabes dans la réponse, et la coupure tombe au même endroit des deux côtés. Un rébus n’est pas toujours aussi coopératif, et celui-ci sert de repère pour ceux qui suivent.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🦌 cerf · 🦚 paon — un animal, et il n’a pas de pattes.

Réponse

Un serpent (cerf + paon) — deux bêtes qui en fabriquent une troisième, et c’est le premier rébus de la page où l’écrit ne sert plus à rien du tout. Regardez : cerf et paon n’ont pas une seule lettre en commun avec serpent à la place où elle devrait être. Le f du cerf est muet, son c se dit comme un s, et le paon écrit trois voyelles pour n’en faire entendre qu’une, nasale. Rien de tout cela ne se voit, tout s’entend. Le contrôle est celui que la page répète : dites « cerf-paon » lentement, puis très vite, jusqu’à ce que la couture disparaisse. Et si vous cherchez un rapport entre les trois animaux, il n’y en a aucun : un rébus ne prend jamais le sens d’un dessin, seulement son son.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🐱 chat · 💬 mot — un animal, et il supporte très bien la soif.

Réponse

Un chameau (chat + mot) — « chat-mot », dit d’un souffle. La lecture ne pose aucune difficulté, la difficulté est entièrement dans la fin du mot : le son o s’écrit ici eau, trois lettres pour un seul son, alors que le morceau qui le produit s’écrit mot. Le français a une dizaine de manières d’écrire ce son et un rébus les traite toutes comme la même chose, ce qui est précisément pourquoi la solution ne se devine jamais en recopiant les étiquettes. Le contrôle : ici, exceptionnellement, la coupure du mot tombe au même endroit que celle des dessins, cha puis meau. C’est l’orthographe qui a changé, pas le découpage, et les deux se vérifient séparément.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

😗 moue · 🐟 thon — un animal, et on lui prend son manteau une fois par an.

Réponse

Un mouton (moue + thon) — la moue, puis le thon, et la suite se referme sur l’animal. Un mot sur le second dessin, parce qu’il montre exactement la limite de la forme telle qu’elle est écrite sur ce site : le dessin est un poisson, et le nom qu’il porte ici est thon. C’est le nom écrit qui commande, jamais l’image, car sans lui rien ne dirait s’il faut entendre poisson, thon ou sardine, et le rébus n’aurait tout simplement pas de solution. Le contrôle : le h de thon ne s’entend pas, le n final ferme la voyelle en nasale, et la suite tient en deux syllabes comme la réponse.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🫛 pois · 🔊 son — un animal, et il ne quitte jamais l’eau.

Réponse

Un poisson (pois + son) — un légume et un bruit donnent une bête, ce qui résume assez bien le procédé. Le premier morceau est un cas d’école : pois et poids se disent de la même façon, rien ne les distingue à l’oreille, et le rébus se contente du son commun. Peu importe donc lequel des deux le dessin représente, du moment qu’on l’entend. Le contrôle : deux dessins, deux syllabes, et l’orthographe fait le reste toute seule en doublant le s pour le garder sourd entre deux voyelles. Retirez ce second s et vous obtenez un mot très différent : la lecture sonore est juste du premier coup, l’orthographe demande une seconde de plus.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🌹 rose · 💧 eau — une plante, et elle a les pieds dans l’eau.

Réponse

Un roseau (rose + eau) — « rose-eau », et la plante arrive. Ce rébus tend un piège dont il faut se méfier partout ailleurs : le second dessin est de l’eau, la réponse est une plante d’eau, et l’on croit un instant que le dessin décrit la chose. Il ne la décrit pas. C’est une coïncidence, et sur les autres rébus de cette page elle ne se produit pas une seule fois, puisqu’un cerf et un paon ne disent rien d’un serpent. Le contrôle : le s de rose s’entend comme un z, et cette sonorité se retrouve intacte au milieu de la réponse. Si vous prononcez « ro-sso », vous avez lu les lettres au lieu d’écouter le mot.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🪚 scie · 🪵 tronc — quelque chose qui se mange, et c’est acide.

Réponse

Un citron (scie + tronc) — la scie, le tronc, et la suite donne le fruit. Les deux dessins vont ensemble, ce qui est une politesse du rébus et surtout pas un indice : une scie coupe un tronc, mais la réponse n’a rien à voir avec le bois, et se laisser guider par ce rapprochement est la meilleure façon de tourner en rond. Le premier morceau est l’un des plus utiles du répertoire, parce qu’il est court, très facile à montrer et qu’il donne le son si, qui ouvre beaucoup de mots. Le contrôle : le c de citron se prononce s devant un i, le tronc perd son c final, et il ne reste que deux syllabes, exactement les deux que l’on vient de dire.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🛣️ rue · 🪑 banc — un objet, et on le noue autour d’un paquet.

Réponse

Un ruban (rue + banc) — deux choses de la ville pour un objet qui n’en vient pas. « Rue-banc », dit sans pause, se referme d’un coup. Le second morceau est encore une leçon d’orthographe inutile : le banc écrit un c que personne ne prononce, et la réponse écrit un n qui ferme la voyelle sans se faire entendre non plus. Le contrôle : coupez la réponse à l’oreille, ru puis ban, et vérifiez que chacune de ces deux moitiés est bien le son d’un des deux dessins. Si l’une des deux ne correspond à rien de ce qui est montré, le rébus est faux, et c’est le seul examen qui compte.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

👣 pas · 🐀 rat · 🌧️ pluie — un objet, et on l’oublie dans les trains.

Réponse

Un parapluie (pas + rat + pluie) — trois morceaux, et le premier vrai chantier de la page. La suite se referme sur l’objet dès qu’on cesse de marquer les arrêts entre les noms. Regardez surtout où tombent les coupures : le mot se comprend d’ordinaire en deux blocs, para et pluie, alors que les dessins le découpent en trois et cassent le premier bloc en son milieu. C’est le piège le plus fréquent de la forme, et il vaut mieux le connaître : le mot d’arrivée n’a presque jamais ses frontières là où le rébus a placé les siennes. Le contrôle : trois dessins, trois morceaux entendus, une réponse qui les contient tous dans l’ordre, et aucune syllabe à ajouter ni à avaler pour que cela tombe juste.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

🐦 pie · 💯 cent · 🛏️ lit — une plante, et elle pousse dans les pelouses.

Réponse

Un pissenlit (pie + cent + lit) — un oiseau, un nombre et un meuble, ce qui ne ressemble à rien tant qu’on ne l’a pas dit à voix haute. Le deuxième morceau montre ce que la page annonçait plus haut : un nombre se prononce et se colle exactement comme un objet, et c’est souvent lui qui bloque, parce qu’on le regarde au lieu de l’entendre. L’écrit, lui, ne ressemble à rien de ce qu’on vient de lire, puisque la pie perd son e, que le cent devient ssen et que seul le lit arrive intact. Le contrôle : trois dessins, trois syllabes dans la réponse, et aucune n’a besoin d’être ajoutée ni retirée pour que la suite se referme.

Écrite pour ce site · Forme : rebus

À propos de ces devinettes

Un rébus est une suite de dessins dont les noms, prononcés l’un après l’autre, produisent un mot qui n’a plus rien à voir avec eux. Une poire et de l’eau donnent un légume de potage ; le dessin ne représente jamais la réponse, il représente un SON, et c’est tout l’écart sur lequel la forme repose. Le lecteur voit des objets sans rapport entre eux, entend une suite de syllabes, et le sens arrive d’un coup, une seconde après la fin de la phrase. C’est la même bascule que dans une charade, à ceci près qu’une charade définit ses morceaux avec des mots et qu’un rébus les montre.

Ce site ne publie aucune image. Un rébus dessiné y est donc impossible, et nous avons choisi de l’écrire plutôt que de renoncer à la forme : chaque morceau est un pictogramme suivi du nom français de ce qu’il montre, séparés par un point médian. Les deux moitiés servent. Le pictogramme est le dessin, et c’est un caractère comme un autre — il est dans la page, dans le plan du site, dans l’empreinte qui enregistre le texte. Le mot écrit à côté est ce qui rend le rébus lisible pour quelqu’un qui ne le voit pas : une synthèse vocale annonce un pictogramme par son nom technique, dans sa propre langue et le plus souvent en anglais, si bien qu’un rébus posé sur le seul dessin serait un jeu dont la mécanique — entendre « poire » — resterait fermée au lecteur qui en aurait le plus besoin.

Cette manière de faire a un prix, et nous préférons le dire. Sur le papier, un rébus commence par une difficulté que nous supprimons : il faut d’abord reconnaître ce que le dessin représente, et l’auteur peut choisir exprès un objet ambigu pour compliquer l’affaire. En nommant chaque dessin, nous rendons cette étape gratuite. Ce qui reste est la partie dont la forme tire son nom, le recollement sonore, et c’est elle que nos réponses développent : au lieu d’un mot lâché tout seul, chaque solution reprend la lecture morceau par morceau, explique pourquoi l’orthographe ne suit pas, et propose un contrôle que vous pouvez refaire vous-même. Un rébus rendu ainsi demande plus de lignes qu’un rébus dessiné, et c’est exactement le genre de longueur que nous cherchons.

La règle qui décide de tout : le rébus se joue à l’oreille et jamais à l’œil. Les lettres mentent presque toujours. Le mot d’arrivée ne partage souvent aucune syllabe écrite avec les morceaux qui le produisent, il ne partage qu’un son, et les accents, les consonnes muettes et les doubles lettres disparaissent au passage. Un rébus se vérifie donc d’une seule façon : à voix haute, lentement, puis très vite, jusqu’à ce que la suite se referme en un mot. Si le résultat ne tombe pas juste au son près, s’il faut avaler une syllabe ou en ajouter une pour que cela marche, le rébus est faux, même s’il paraît élégant une fois écrit.

Pour en résoudre un, commencez par la phrase qui suit les dessins plutôt que par les dessins eux-mêmes. Elle vous dit de quelle catégorie relève la réponse — un outil, un animal, un vêtement, quelque chose qui se mange — et cette catégorie réduit énormément le champ. Prononcez ensuite la suite des noms d’une seule traite, sans marquer d’arrêt entre eux, comme si c’était un seul mot : la coupure entre les morceaux est justement ce qui empêche d’entendre. Si rien ne vient, changez la façon dont vous découpez ce que vous venez de dire, car le mot cherché n’a presque jamais ses frontières au même endroit que les dessins.

Un réflexe fait gagner beaucoup de temps : le stock de morceaux utiles est petit et il revient sans cesse. L’eau, le pain, le riz, le dos, le nez, le lit, la scie, le mont, le thé, le rat, la mie, la roue, le seau, la main, le pot : des mots d’une syllabe, très concrets, faciles à montrer et faciles à entendre. À cela s’ajoutent les chiffres, qui se prononcent et se collent aussi bien que les objets, et quelques lettres dont le nom oral vaut une syllabe entière. Quand un morceau vous paraît bizarrement pauvre, c’est presque toujours l’un de ceux-là, et l’identifier tout de suite libère l’attention pour le reste de la suite.

Fabriquer un rébus se fait dans l’autre sens. On part du mot d’arrivée, on le prononce en le tranchant, et on regarde si chaque tranche correspond au son d’un mot qui se montre. Beaucoup de mots refusent : ils donnent des morceaux qui ne veulent rien dire, ou des morceaux qu’aucun pictogramme ne représente proprement, et il faut les abandonner sans y revenir. La difficulté se règle ensuite par trois leviers. Le nombre de morceaux d’abord : deux se devinent souvent immédiatement, trois demandent un vrai va-et-vient, quatre transforment l’exercice en petit chantier. La nature des morceaux ensuite, puisqu’un objet concret se trouve tout de suite et qu’un mot grammatical ou un chiffre résiste bien davantage. La phrase d’accompagnement enfin, selon qu’elle annonce une catégorie large ou étroite.

Un rébus se pose bien là où l’on est ensemble et immobiles : en voiture, à table, dans une salle d’attente, à la fin d’un cours. Il demande d’être dit à voix haute, ce qui est aussi ce qui lui manque dans une conversation bruyante. Il rate quand on le lit trop vite, quand on répète le morceau déjà trouvé au lieu de laisser chercher, et surtout quand on donne la solution au premier soupir. Redonner un morceau coûte beaucoup moins que livrer le tout : la personne en face veut trouver, pas savoir. Et quand la réponse arrive, elle arrive entière, ce qui est une raison suffisante pour laisser le silence durer un peu plus longtemps que ce n’est confortable.

Un mot enfin sur ce que vous lisez. Tous les rébus de cette page ont été écrits pour ce site : nous avons choisi les mots d’arrivée, cherché les découpages, vérifié chaque recollement à voix haute, puis rédigé chaque lecture sonore avec le rébus sous les yeux. Nous ne recopions rien, ni recueil, ni site, ni générateur automatique. La forme, elle, n’appartient à personne : suivre des dessins pour entendre un mot est un procédé public et nous ne prétendons pas l’avoir inventé. Ce que nous revendiquons est plus étroit, et c’est le seul point qui compte : le texte est de nous. Quand un rébus nous paraissait déjà vu, nous l’avons retiré plutôt que discuté, et c’est pour cette raison qu’il y en a ici moins qu’ailleurs.

Comment elles ont été écrites

Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : rebusUn rébus : une suite de dessins dont les noms, prononcés à la suite, produisent un autre mot. Ici les dessins sont écrits — un pictogramme et le nom français de ce qu’il représente — parce que c’est la seule forme qu’un site sans images peut porter honnêtement. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.

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