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Blaguier

Blague du jour

Une par jour — et la mécanique est expliquée, pas cachée.

12 blagues sur cette page

Ma voisine arrose ses plantes en leur parlant longuement, une par une. Les cactus, eux, elle les ignore complètement. Elle dit qu’ils sont déjà bien assez piquants comme ça sans qu’on vienne les encourager.

Écrite pour ce site · Forme : libre

Pourquoi les nuages ne payent-ils jamais leur tournée ?

Parce qu’ils préfèrent arroser tout le monde d’un seul coup, et repartir avant qu’on ait le temps de les remercier.

Écrite pour ce site · Forme : question-reponse

Que se passe-t-il quand deux casseroles se disputent dans une cuisine ?

Ça finit toujours par déborder, et c’est le torchon qui ramasse.

Écrite pour ce site · Forme : question-reponse

Le bulletin annonçait « ciel variable ». Je suis resté toute la journée devant la fenêtre pour voir de quoi il changeait. Il n’a rien changé du tout : il avait dû comprendre que je le surveillais.

Écrite pour ce site · Forme : libre

Pourquoi l’arrosoir ne raconte-t-il jamais la fin de ses histoires ?

Parce qu’il se vide toujours avant d’arriver au bout.

Écrite pour ce site · Forme : question-reponse

Mon oncle a passé trente ans à dessiner des cartes avant d’ouvrir son restaurant. Il dit que rien n’a vraiment changé : les gens s’arrêtent toujours devant sa carte pour décider où ils vont.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

À l’école, on m’a expliqué que la Terre tourne sans arrêt. Depuis, chaque fois que j’arrive en retard, je réponds calmement que j’attendais que mon arrêt de bus repasse.

Écrite pour ce site · Forme : libre

Ma cousine travaille à la bibliothèque et c’est bien le seul métier où l’on passe la journée à monter les volumes en demandant à tout le monde de les baisser.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

J’ai demandé à mon téléphone de me réveiller très tôt. Il l’a fait, parfaitement. Puis, à 6 h 02, il m’a demandé si j’étais satisfait du service. Ma réponse n’est pas répétable avant le premier café.

Écrite pour ce site · Forme : libre

Que répond un serrurier quand on lui demande quel est son secret ?

Rien du tout : il ouvre, il ferme, et il garde soigneusement tout ce qu’il y a entre les deux.

Écrite pour ce site · Forme : question-reponse

Le déménageur du quartier passe ses journées à s’occuper des affaires des autres, et c’est le seul de l’immeuble à qui personne n’a jamais rien reproché.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Au bord de l’étang, un pêcheur m’a expliqué qu’il ne prenait jamais rien, absolument jamais. Je lui ai demandé pourquoi il revenait quand même tous les dimanches. Il m’a répondu qu’à ce stade, ce n’était plus de la pêche : c’était un accord tacite avec les poissons.

Écrite pour ce site · Forme : libre

À propos de ces blagues

Une blague du jour, c’est une blague courte : on la lit en une fois, on la retient en dix secondes, et on la redonne à quelqu’un dans la journée sans avoir besoin de la relire. Avant tout le reste, une précision honnête, parce qu’elle change la façon de se servir de cette page : notre site est publié en pages statiques. Il n’y a derrière lui aucun serveur qui choisirait un texte neuf chaque matin, aucun tirage au sort, aucune horloge. Ce que vous avez sous les yeux, c’est la série complète, écrite à l’avance et rangée dans un ordre fixe qui ne bouge pas d’une visite à l’autre.

Le « par jour » n’est donc pas une promesse technique de notre part, c’est une manière de lire que nous vous proposons. Vous prenez le premier item aujourd’hui, le deuxième demain, et vous gardez en tête le numéro où vous vous êtes arrêté — ou bien vous descendez la page d’un coup, ce qui est parfaitement permis aussi. Nous préférons vous dire les choses ainsi plutôt que d’afficher un compte à rebours qui ferait semblant. Une page qui prétend se renouveler seule et qui répète le même texte pendant trois semaines, c’est la première chose qu’un lecteur remarque, et il a raison de la remarquer.

Ce qui caractérise ce format, c’est la contrainte de taille. Une blague du jour ne peut porter qu’une seule idée. Elle n’a pas la place d’installer deux personnages, un décor et un retournement : elle pose une situation en une phrase et bascule dans la suivante. Tout ce qui n’est pas nécessaire à la bascule doit sauter. C’est pour cette raison que les items de cette page sont si courts : ce n’est pas de la paresse d’écriture, c’est la forme elle-même qui l’impose. Une blague brève ratée est presque toujours une blague brève qui contenait un mot de trop avant la chute.

Le calembour, lui, fonctionne sur un mot qui en cache un autre. La mécanique est toujours la même : la phrase installe un sens, et le dernier mot en révèle un second, soit parce que deux mots se prononcent pareil, soit parce qu’un seul mot a deux emplois — la barre d’un bateau et la barre de pain, le ton d’une voix et le ton d’un étage, le batteur d’un groupe et celui d’une cuisine. La règle pratique est simple : le mot double doit tomber en fin de phrase. S’il arrive au milieu, le lecteur comprend la blague avant qu’elle soit finie, et il lui reste six mots à écouter poliment.

La forme question-réponse ajoute autre chose : un contrat. En posant une question, on demande au lecteur de chercher, ne serait-ce qu’une seconde. Cette seconde est le vrai ressort de la forme, et elle a un prix : la réponse doit être meilleure que celle que le lecteur avait commencé à fabriquer. Si elle est simplement logique, elle tombe à plat ; si elle est complètement arbitraire, on a l’impression de s’être fait avoir. La bonne réponse est celle qui reste dans le cadre de la question tout en le prenant au pied de la lettre. Quand vous lisez ces items à voix haute, laissez un vrai silence après la question — pas un silence de comédien, juste le temps que la personne en face ait le temps de commencer à chercher.

La forme libre, enfin, n’a pas de structure imposée : c’est une petite scène qui se termine par un décalage. Elle demande plus de mots que le calembour, elle en récupère en naturel. C’est celle qu’on peut glisser dans une conversation sans annoncer « j’ai une blague » — et l’annoncer est souvent ce qui la tue, parce que le public se met immédiatement en position de juge. Racontée comme une chose qui vous serait arrivée, la même phrase passe beaucoup mieux.

Sur le moment et le public : ces blagues sont écrites pour être lues à table, en voiture, dans une salle d’attente, à des enfants comme à des adultes. Elles ratent dans trois cas surtout. Quand on les explique après coup, ce qui revient à demander au public de refaire le travail à notre place. Quand on en enchaîne cinq d’affilée, parce que la troisième arrive sur un terrain déjà fatigué et que plus personne n’écoute la situation de départ. Et quand on modifie un mot en cours de route : dans un texte de trois lignes, chaque mot porte, et remplacer le mot double par un synonyme fait disparaître toute la chute. Si vous devez en retenir une, apprenez-la telle quelle.

Un mot sur la provenance, parce qu’elle explique la taille de cette page. Chaque item que vous lisez ici a été écrit pour ce site. Nous ne recopions pas de recueils, pas de sites existants, pas de spectacles : une blague contemporaine appartient à quelqu’un, et nous n’avons de licence sur celle de personne. Concrètement, cela veut dire que nous en publions moins que les pages qui agrègent tout ce qui traîne, et que vous ne retrouverez pas ici les grands classiques que vous connaissez déjà. En échange, ce que vous lisez est neuf, et si un texte vous paraît familier, c’est un défaut de notre part, pas une citation. Nous préférons une série courte que nous assumons ligne à ligne à une collection énorme dont personne ne sait d’où elle vient.

Comment elles ont été écrites

Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : libreAucune forme particulière — une blague qui tient debout toute seule. question-reponseUne question posée au lecteur, une chute qui arrive à la ligne suivante. calembourUn jeu de mots : la chute repose sur un mot qui en cache un autre. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.

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