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Blaguier

Devinettes drôles

Ici la réponse est un jeu de mots, pas une déduction.

13 devinettes sur cette page

Qu’est-ce qui serre le cou d’une chemise, sépare deux vallées et laisse passer le vin goutte à goutte ?

Réponse

Un col. Chemise, montagne et bouteille : le mot reste masculin des trois côtés, seul le passage change.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce qui se trouve au bout du compas, dans le métro à dix-huit heures et dans une sauce dès qu’on y ajoute de l’ail ?

Réponse

Une pointe. Le dessinateur, le voyageur et le cuisinier emploient le même mot sans jamais parler de la même chose.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce qui tombe en octobre et qu’on rend en juin ?

Réponse

Une feuille : celle de l’arbre tombe, celle du contrôle se rend, et c’est pourtant le même mot qui fait les deux.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce que le pharmacien compte, que la poste imprime et que le musicien touche à la fin du concert ?

Réponse

Un cachet. On l’avale, on le tamponne ou on l’encaisse, sans jamais changer de mot.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce qui s’use au bout du crayon, se creuse sous la montagne et se lit sur un visage au réveil ?

Réponse

Une mine. Le papetier, le mineur et le miroir la déclinent chacun à leur façon.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce qui fond dans la main d’un enfant, renvoie son reflet dans le couloir et se baisse à la portière d’une voiture ?

Réponse

Une glace. Le dessert, le miroir et la vitre portent le même nom, et un seul des trois se mange.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Qu’est-ce qui attend au pied du lit, sort du four garni de pommes et se lace avant d’entrer en scène ?

Réponse

Un chausson. Le même mot pour traîner à la maison, se régaler à quatre heures et danser sur une scène.

Écrite pour ce site · Forme : devinette

Le pianiste et le serveur du café d’en face ont passé toute la soirée à se disputer pour savoir laquelle de leurs deux notes était la plus difficile à faire passer.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Notre voisine a quitté la fanfare pour reprendre l’épicerie du coin. Elle jure qu’elle n’a rien changé à ses habitudes : elle passe toujours ses journées derrière une caisse.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Sur le chantier, la grue est la seule à ne jamais se plaindre de la hauteur. C’est son métier de prendre les choses de haut.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Notre peintre en bâtiment a été le tout premier locataire de l’immeuble neuf, avec ses cloisons de travers et son ascenseur en panne. Il ne s’en plaint pas : essuyer les plâtres, c’est déjà la moitié de son métier.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Le bûcheron et le généalogiste se sont découvert un point commun : tous les deux passent leurs journées sur des souches. Seul l’un des deux en remonte l’arbre.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

Mon frère avait promis de ne rien faire de la journée à la plage. Il a tenu parole : il est resté vague jusqu’au soir.

Écrite pour ce site · Forme : calembour

À propos de ces devinettes

Une devinette drôle ne se résout pas tout à fait comme une autre : elle se devine. Dans une devinette ordinaire, la réponse existe quelque part dans le monde — un objet, un animal, un métier — et on finit par la trouver en éliminant ce qui ne colle pas. Ici, la réponse n’est pas dans le monde, elle est dans la langue. Ce qu’on cherche, c’est un mot qui en cache un autre, une expression qu’on peut prendre au pied de la lettre, un son qui sert à deux choses différentes. C’est pour cela qu’on parle plutôt de devinettes rigolotes que d’énigmes : le plaisir vient du glissement, pas de la déduction.

La chute repose presque toujours sur l’une de trois mécaniques. La première est l’homophonie : deux mots que rien ne relie s’écrivent différemment mais se prononcent pareil, et l’énoncé fait mine de parler de l’un pour désigner l’autre. La deuxième est la polysémie : une seule orthographe, un seul mot, mais plusieurs métiers qui se le partagent sans jamais se rencontrer. La troisième est l’expression figée reprise au sens propre : une tournure que tout le monde emploie sans y penser, et qu’il suffit de prendre à la lettre pour qu’elle redevienne une scène. Dans les trois cas, la réponse est juste par le son ou par le mot, jamais par le raisonnement. Nous ne nommons pas ici les solutions : les dire reviendrait à vider la page de son intérêt.

Le blocage, quand il arrive, vient presque toujours du même endroit, et il n’a rien d’anormal. Devant un énoncé qui décrit une chose impossible, on cherche naturellement l’objet capable de faire tout ce qui est annoncé ; on passe en revue ce qu’on connaît, on n’en trouve aucun, et pour cause : il n’en existe pas. La logique n’aide pas, elle retient du mauvais côté. Tant qu’on cherche une chose, on ne peut pas trouver, puisque la solution est un mot. Il faut changer de rayon — quitter le monde des objets pour celui des sons — et ce basculement s’apprend plus qu’il ne s’improvise. C’est d’ailleurs le seul entraînement que demandent ces devinettes.

La méthode, quand on veut chercher plutôt que retourner tout de suite la réponse, tient en quatre gestes. D’abord, dire l’énoncé à voix haute : le calembour vit dans l’oreille, pas dans l’œil, et bien des solutions apparaissent à la seconde lecture parlée. Ensuite, repérer le mot qui détonne, celui qui n’a aucune raison d’être dans le décor décrit : il est rarement là par hasard. Puis se demander si ce mot a un jumeau sonore, ou un deuxième sens dans un autre métier. Enfin, essayer la réponse « fausse mais juste au son ». Ce n’est pas une garantie, seulement une piste : elle tombe à côté assez souvent, et il faut alors revenir au mot suivant et recommencer.

Ces devinettes se racontent bien à table, dans la voiture, dans une salle d’attente — partout où l’on a trente secondes et pas de papier. Elles demandent peu de chose : savoir qu’un mot peut vouloir dire deux choses, et accepter de chercher quelques instants à côté de la logique. Nous les avons vues marcher aussi bien dans un sens que dans l’autre, l’enfant trouvant parfois avant l’adulte, sans que cela nous apprenne quoi que ce soit de général. La seule vraie condition tient au mot de la chute. Si celui qui écoute ne connaît pas le mot sur lequel repose le calembour, il ne peut pas rire ; il pourra apprendre le mot, ce qui n’est pas rien, mais la blague, elle, est perdue.

Ce qui les fait rater est assez régulier. Annoncer la chute — dire « attention, c’est un jeu de mots » — enlève tout le travail à celui qui écoute et il ne reste rien à trouver. Allonger l’énoncé aussi : au-delà de deux lignes, l’oreille décroche et le rapprochement final ne se fait plus. Empiler deux calembours dans la même réponse est le troisième piège : le deuxième efface le premier au lieu de le renforcer. Enfin, certaines chutes ne tiennent que dans une prononciation donnée ; nous évitons celles-là autant que possible, parce qu’une devinette qui ne marche que chez soi ne marche pas.

Il faut dire clairement d’où viennent ces textes. Nous les écrivons. Aucun item de cette page n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site, d’un spectacle ou d’un livre : quand un jeu de mots nous semble déjà lu quelque part, nous l’écartons et nous en cherchons un autre. Ce choix a un coût visible, et autant l’assumer : nous en publions moins que les pages qui se contentent de reprendre le fonds commun, et il y a des classiques que vous ne trouverez pas ici. En échange, ce que vous lisez est à nous, et la seule répétition possible est celle du hasard, pas de la copie.

Une dernière remarque d’usage. Les devinettes de cette page ne se lisent pas d’affilée comme une liste : chacune demande un petit silence avant la réponse, et c’est ce silence qui fait tout le travail. Laissez chercher, même une minute, même si la personne part complètement à côté — surtout si elle part à côté, puisque c’est en écartant les objets qu’on finit par entendre les mots. Deux ou trois par occasion suffisent largement ; gardez les autres pour le trajet suivant. Nous complétons la page au fil de nos écritures, sans calendrier annoncé, et nous préférons ajouter une devinette que nous trouvons bonne plutôt que dix pour faire du nombre.

Comment elles ont été écrites

Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : devinetteUne devinette : un énoncé, une réponse cachée. calembourUn jeu de mots : la chute repose sur un mot qui en cache un autre. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.

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