Pourquoi le grille-pain a-t-il été renvoyé du club de théâtre ?
Il montait sur scène, il chauffait la salle, et il ressortait toujours avant la fin.
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Celles qui marchent à voix haute, et pourquoi c’est le seul test qui compte.
15 blagues sur cette page
Pourquoi le grille-pain a-t-il été renvoyé du club de théâtre ?
Il montait sur scène, il chauffait la salle, et il ressortait toujours avant la fin.
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La boîte à livres du square fonctionne selon un principe simple : on prend un livre, on en laisse un. Le premier mois, un habitant y a déposé un vieux dictionnaire. Le deuxième mois, il y en avait quatre. Le troisième, il a fallu renforcer l’étagère. Personne n’a jamais emporté de dictionnaire ; tout le monde, en revanche, avait exactement le même à donner.
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Au bureau, l’imprimante ne fonctionne que si on lui parle gentiment. C’est ce qu’a affirmé le stagiaire, le matin où il a sorti en trois minutes un document que le service entier réclamait depuis trois jours. Depuis, tout le monde dit bonjour en arrivant. À l’imprimante, pas au stagiaire.
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Pourquoi le métro n’a-t-il jamais réussi à garder un secret ?
Parce qu’à chaque station, il ouvre tout grand et il déballe tout ce qu’il avait sur le cœur.
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La recette annonçait : préparation dix minutes, repos une nuit. J’ai appliqué les deux consignes à la lettre, le gratin aussi, et le lendemain nous étions tous les deux au mieux de notre forme. On m’a expliqué depuis que ce n’était pas exactement la répartition prévue ; le résultat, lui, était parfait.
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Pourquoi l’escalier de l’immeuble ne dit-il jamais de mal de personne ?
Parce qu’il en voit descendre du matin au soir, et qu’il sait par expérience que tout le monde finit par remonter.
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À la piscine, un enfant demande au maître nageur pourquoi il est écrit « Interdit de courir » tout autour du bassin. Le maître nageur explique : le carrelage est mouillé, on glisse, on tombe, on se fait mal. L’enfant écoute très sérieusement, regarde le grand bain pendant un moment, puis conclut : — Donc dans l’eau, il n’y a pas de problème. Il paraît qu’un deuxième panneau est à l’étude.
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Changer une housse de couette est la seule tâche domestique où l’on entre à l’intérieur du problème pour tenter de le résoudre. On disparaît, on discute un moment avec le tissu, et l’on ressort en annonçant que tout s’est très bien passé. Personne n’a jamais assisté à la manœuvre : c’est un métier qui se pratique sans témoin.
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Pourquoi le boulanger est-il toujours à l’heure ?
Parce que chez lui la journée commence quand la pâte a fini de dormir, et que la pâte, elle, n’a jamais entendu parler du bouton « encore cinq minutes ».
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Dans le pré derrière chez nous, il y a une vache qui regarde passer les trains depuis des années. Les voyageurs se disent qu’elle doit s’ennuyer terriblement. En réalité, c’est la seule créature du coin qui ait vu défiler autant de monde sans avoir jamais eu à faire la conversation, et elle ne s’en cache pas : elle a l’air enchantée.
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L’ascenseur de l’immeuble est en panne depuis lundi. Un mot est apparu sur la porte : « Nous vous prions de bien vouloir emprunter l’escalier. » Mardi, une autre main a ajouté en dessous : « Nous vous prions de bien vouloir prendre votre temps. » Mercredi, une troisième a écrit : « C’est fait. Je suis au troisième et je renonce au quatrième. »
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Pourquoi le wifi de la maison ne va-t-il jamais jusqu’au fond du jardin ?
Pour la même raison que tout le monde ici : il s’arrête net dès qu’il aperçoit la tondeuse.
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À la mairie, le guichet trois a fermé pour travaux, et un mot renvoie poliment au guichet quatre. Au guichet quatre, un autre mot annonce que l’agent se trouve momentanément au guichet trois. Vendredi, une dame a fait la boucle quatre fois de suite, puis elle a pris une chaise et s’est assise exactement au milieu. Elle affirme que c’est désormais le seul endroit du bâtiment où l’on est certain d’être servi.
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Mon réveil et moi avons passé un accord clair : il sonne, je le crois, je me lève. Le problème, c’est qu’il n’a jamais rien signé, et que moi je relis les clauses tous les matins pendant un temps que je préfère ne pas chiffrer.
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Pourquoi les bateaux ne se disputent-ils jamais très longtemps dans le port ?
Parce qu’au premier haussement de ton, il y en a toujours un qui largue les amarres — et une dispute où l’autre s’éloigne à trois nœuds, ça ne tient pas la distance.
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Le titre de cette page promet beaucoup, et autant le dire tout de suite : personne ne peut garantir un fou rire. Le rire dépend de qui écoute, du moment, de la fatigue de la pièce, de ce qui vient de se dire trente secondes plus tôt. Un même texte peut plier quelqu’un en deux un soir et tomber complètement à plat le lendemain, sans qu’une virgule ait bougé. Nous avons donc renoncé à classer nos items par intensité supposée, parce qu’un tel classement ne se vérifie nulle part. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est réunir ici ceux qui tiennent le mieux quand on les dit à voix haute — et expliquer pourquoi ce critère-là est le seul qui se contrôle vraiment.
Le test praticable tient en une phrase : dites-la à quelqu’un, à voix haute, sans prévenir. Tout se voit à ce moment-là. Si vous devez reprendre votre souffle au milieu de la mise en place, elle est trop longue. Si vous devez revenir en arrière pour ajouter un détail oublié, l’information est mal placée. Si votre interlocuteur vous coupe pour demander « attends, c’est qui, lui ? », le texte réclame plus de mémoire qu’une oreille n’en accorde. Aucun de ces trois défauts ne se voit à la lecture silencieuse : l’œil revient en arrière tout seul, gratuitement, et répare le texte sans prévenir celui qui l’a écrit. La bouche, elle, ne pardonne rien.
Ce qui survit à la lecture orale a presque toujours la même forme. Une seule idée, pas deux. Un décor posé en une phrase, parce que l’auditeur n’a pas d’image sous les yeux et doit tout fabriquer en direct. Des personnages désignés par leur fonction plutôt que par un nom, pour éviter d’avoir à les retenir. Et une chute qui arrive au dernier mot possible, ou presque. Dès qu’il reste une demi-phrase après la chute, l’effet s’écoule par ce trou-là : celui qui écoute a déjà compris, il attend poliment que vous finissiez, et le rire qui devait partir se transforme en sourire de politesse.
La mécanique elle-même est assez simple à décrire, même si elle est difficile à réussir. Le texte installe une lecture évidente de la situation, puis le dernier segment oblige à relire tout ce qui précède autrement. Le rire vient de cette relecture instantanée, du basculement, pas de la drôlerie des mots pris un par un. C’est pour cela qu’une chute expliquée ne fait plus rien : une fois le second sens donné par avance, il n’y a plus de basculement à opérer, il ne reste qu’un raisonnement. Et c’est aussi pour cela qu’une blague fonctionne mieux quand l’auditeur a exactement les éléments nécessaires — ni un de plus, ni un de moins.
Beaucoup de gens cherchent spécifiquement des textes courts, et ils ont une bonne raison. Le format court protège de la plupart des accidents : moins de mots, moins d’occasions de perdre son fil, moins de détails à retenir, et une chute qu’on ne peut pas rater puisqu’elle arrive presque tout de suite. Nous constatons, pour notre part, que ce sont les items les plus brefs qui nous reviennent le plus souvent : quelqu’un les redit le soir même, sans les avoir relus, et il nous semble que c’est à peu près le seul signe encourageant qu’on puisse observer de l’extérieur. Sur cette page, ce sont donc ceux que nous conseillons d’essayer en premier, non parce qu’ils seraient supérieurs, mais parce qu’ils demandent le moins de conditions favorables.
Les histoires, elles, jouent un autre jeu. Elles acceptent de durer trente secondes ou une minute, et elles paient cette durée par un rythme : une situation, un développement qui répète ou aggrave, puis une chute. La répétition n’est pas un défaut, c’est le moteur — on installe une attente, on la satisfait une fois, deux fois, et la troisième fois on la trahit. Raconter une histoire demande de savoir où l’on va avant de commencer, et de résister à la tentation d’ajouter des détails amusants en chemin. Chaque ornement retarde la chute et affaiblit l’attente qu’on a mis dix secondes à construire.
Ce qui fait rater une blague est presque toujours extérieur au texte. L’annoncer est la première erreur : dire « attends, celle-là est énorme » place la barre là où personne ne peut la franchir, et l’auditeur passe la mise en place à juger au lieu d’écouter. La deuxième erreur est de la répéter aussitôt, plus fort, quand elle n’a pas pris. La troisième est de la raconter dans un moment où l’attention est ailleurs — une conversation sérieuse en cours, un plat qui arrive, quelqu’un qui cherche ses clés. Une blague ne se bat pas contre son contexte, elle s’y glisse ou elle n’existe pas.
Un mot sur ces textes eux-mêmes. Chaque item de cette page a été écrit pour ce site, par nous, et non recopié d’un recueil, d’un autre site, d’un spectacle ou d’un livre. Ce n’est pas une coquetterie : les blagues qui circulent partout sont, pour beaucoup, des œuvres qui appartiennent à quelqu’un, et nous n’avons aucune licence pour les reprendre. Cela a une conséquence visible, et nous préférons l’assumer : nous en avons moins que les gros recueils, et vous ne retrouverez pas ici les grands classiques que vous connaissez déjà. En échange, ce que vous lisez est à nous, vérifiable ligne à ligne, et vous ne l’avez probablement pas déjà entendu vingt fois.
La meilleure façon d’utiliser cette page est donc de la traiter comme un stock d’essais, pas comme un palmarès. Lisez-en cinq ou six à voix basse, gardez-en une ou deux qui vous viennent naturellement dans la bouche, oubliez le reste. Essayez-les sur une seule personne avant de les sortir devant six. Si l’une d’elles marche deux fois de suite, elle est à vous : elle a passé le seul examen que nous connaissions. Si aucune ne prend ce jour-là, cela ne dit rien de définitif, ni sur elles ni sur vous — il y a des soirs où rien ne part, et c’est une donnée du métier plutôt qu’un échec.
Chaque texte de cette page a été écrit pour ce site et porte sa forme : libre — Aucune forme particulière — une blague qui tient debout toute seule. histoire — Une histoire courte : une situation, un développement, une chute. question-reponse — Une question posée au lecteur, une chute qui arrive à la ligne suivante. Aucun n’a été recopié d’un recueil, d’un autre site ou d’un spectacle. Le détail de cette règle, et ce qu’elle nous interdit de publier, se trouve sous Sources & Méthode.